Nos contes
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Kulucongo – Le chant de l’oiseau magique
📄 Texte ▶Kulucongo – un oiseau magique chante, et la perseverance triomphe
Dans le conte de Kulucongo, un oiseau enchante chante a un homme parti en voyage :
Kulucongo, munjaang a yai mboa
(Kulucongo, ta femme a accouche)
L’homme doit perseverer malgre les obstacles pour retrouver sa famille. La morale du conte :
Titimbe e ma wana tombwane
(La perseverance est benefique)
Les contes du cycle de Kulu (la tortue) sont les plus celebres de la tradition Douala. Kulu est le trickster – ruse, intelligent, parfois cruel. Face a lui : Ze (la panthere), puissant mais souvent dupe, et Ngoa (le cochon), bon vivant naif.
Mina ma Loba – Les noms de Dieu en Douala
📄 Texte ▶Les 12 noms de Dieu dans la tradition Douala – de Nyambe a Loba Mukoledi
Dans la tradition Douala, Dieu porte de nombreux noms, chacun revelant un aspect de sa nature :
Nyambe – Dieu / L’Etre Supreme
Jeki dituru – Le Createur
Jeki la njamba inono – Dieu de grande force
Munenge-njom – Celui qui connait tous les secrets
Edibedibe – Celui qui donne et soutient
Musenge-muka – Le Protecteur
Ekumi-ngando – Celui qui anime les fetes
Ekuminkongo – Dieu des nations
Nkongonungu – Createur de tout
Elomban – Dieu de justice
Ebonda bewekedi – Le Sauveur
Loba Mukoledi – Dieu misericordieux
Bwem, na damedi Loba! – Gloire a Dieu !
Ces noms sont utilises dans les prieres, les hymnes et les ceremonies traditionnelles du peuple Douala.
Sima Dibato – Hymne Douala
📄 Texte ▶Sima! Sima dibato la nungu o mon – Hymne chretien en langue Douala
Strophe 1 :
Sima! sima dibato la nungu o mon
O mon, Aleluya, o mon!
Di ma komele satan na ngina bobe
O mon, Aleluya, o mon!
Refrain :
Di ben ni ngub’asu na bila ni e nde ndolo
Ni ma bupe musingedi bwemba
Ngub’asu o bila, ni ngub’asu o bila
Ni ngub’asu ni e nde ndol’a mbale
Ndolo! Ni ndol’a mbale o Kristo
Ngub’asu o bila, ni ngub’asu o bila
Ni ngub’asu ni e nde ndol’a mbale
Strophe 2 :
Ala! Ala ala o was’a midongo
Teten‘ eyang’a dibumbe
Kotele midongi mena mi pimbedi
Lee babo ngea‘ longe
Cet hymne Douala est chante lors des celebrations chretiennes. Il melange la tradition musicale Sawa avec la foi – un exemple vivant de la rencontre entre culture Douala et spiritualite.
Muna na Eango – Dialogue mere-enfant
📄 Texte ▶Dialogue entre une mere Douala et son enfant
– A muna, o m’ene yi ngusa mpesa o wene?
– Ee, Iyo, na m’ene bab!
– Na ma bamb’oa o m’enge
Traduction :
– Cher enfant, vois-tu les jeunes garcons la-bas ?
– Oui, mere, je les vois !
– Je te porte sur mon dos.
Dialogue entre une mere (Iyo) et son enfant (muna) – la tendresse de la vie quotidienne Douala.
Na Loba a kwala – La Genese en Douala
📄 Texte ▶Que la lumiere soit ! – La Genese en Douala (Bible Saker)
Na Loba a kwala na: Esele mwenen mu be!
Na mwenen mu timba be.
Traduction :
Et Dieu dit : Que la lumiere soit !
Et la lumiere fut.
Extrait de la Betileda ba Bosangi (Genese) en langue Douala. Premiere traduction biblique en langue bantoue au Cameroun par Alfred Saker (NT 1862, Bible complete 1872).
Yai assu yai! – Invocation du Ngondo
📄 Texte ▶Invocation sacree du festival Ngondo, patrimoine UNESCO
Yai assu yai! (Viens, assu, viens !)
Ce cri rituel resonne chaque annee lors du Ngondo, le grand festival des eaux du peuple Sawa. Un initie plonge dans le fleuve Wouri pour communiquer avec les Jengu (ou Miengu) – les esprits des eaux.
Le plongeur remonte avec un vase sacre contenant le message des ancetres. Patrimoine culturel immateriel UNESCO depuis decembre 2024.
Termes rituels :
Jengu (sg.) / Miengu (pl.) – esprits des eaux
Bisima – autre nom pour les Jengu
Ekale – chef de la societe secrete
Bedimo – les ancetres
Muka Mwa Sango – Le Notre Pere en Douala
📄 Texte ▶Le Notre Pere en langue Douala (Alfred Saker, ~1848)
A tete nasu ne o mon
Dina longo di dubabe
Janea longo di ye
Traduction :
Notre Pere qui est aux cieux
Que ton nom soit sanctifie
Que ton regne vienne
Le Notre Pere fut traduit en Douala par le missionnaire Alfred Saker vers 1848 – le plus ancien texte ecrit en langue Douala.
O Sey’a – Berceuse traditionnelle Douala
📄 Texte ▶Ne pleure pas, mon enfant – berceuse traditionnelle Douala
O sey’a
A muna o…
O sey’a
Wa pe o mende koka ka biso
Waal’ebolo
O wana moni
Biso pe di de
Wa pe o de
Traduction :
Oh bebe, oh mon enfant…
Ne pleure pas
Toi aussi tu deviendras grand comme nous
Tu iras travailler
Tu gagneras ta vie
Berceuse Sawa chantee par les meres pour calmer leurs enfants. Un message d’espoir : tu grandiras, tu reussiras.
Dodo muna, dodo – Berceuse Douala
📄 Texte ▶Dors mon enfant, dors… Maman est là… – Berceuse traditionnelle Sawa
Dodo muna, dodo…
Mama a mene…
Nyambe a bona wo, mama a bona wo…
Traduction :
Dors mon enfant, dors…
Maman est là…
Dieu te protège, maman te protège…
Cette berceuse traditionnelle Sawa invoque la protection divine et maternelle. Le mot muna (enfant) et dodo (dormir) forment la base de nombreuses berceuses Douala, chantées doucement par les mères et grands-mères lors des nuits chaudes de Douala.
E taka na boso, e si kodi na boso?
📄 Texte ▶Ça va devant et ne revient jamais ? – Devinette traditionnelle Douala
Question : Ça va devant et ça ne revient jamais ?
Réponse : Dibu – La fumée. La fumée monte et ne redescend jamais.
Comme la fumée, certaines choses dans la vie ne reviennent pas – une leçon de sagesse Douala.
Moto amu a jé, a si tunganè?
📄 Texte ▶Qui mange sans jamais être rassasié ? – Devinette traditionnelle Douala
Question : Qui mange sans jamais être rassasié ?
Réponse : Mwéa – Le feu. Le feu consume sans fin.
Le feu (wéa) est un élément central dans la vie quotidienne Douala – pour la cuisine, les veillées et les cérémonies.
Ndabo amu e si bé na ebi?
📄 Texte ▶Quelle maison n’a pas de porte ? – Devinette traditionnelle Douala
Question : Quelle maison n’a pas de porte ?
Réponse : Dié – L’œuf. Un œuf est une maison parfaite sans porte.
Les devinettes Douala utilisent souvent des images de la nature pour stimuler la réflexion des enfants lors des veillées.
Nja emu e taka, e si bé na makwèdi?
📄 Texte ▶Qu’est-ce qui marche sans pieds ? – Devinette traditionnelle Douala
Question : Qu’est-ce qui marche sans pieds ?
Réponse : Madiba – L’eau. La rivière coule sans jamais avoir de pieds.
Cette devinette illustre la fascination du peuple Douala pour l’eau – le Wouri, fleuve sacré, est au cœur de leur culture et du festival Ngondo.
Ngomninga et Malobè – Le pacte des chefs
📄 Texte ▶Comment les chefs Douala ont scellé un pacte sacré pour gouverner ensemble – l’origine du Ngondo.
Après la grande migration, les clans Sawa s’étaient installés le long du Wouri. Mais avec le temps, les disputes se multipliaient. Chaque chef voulait le meilleur territoire, les meilleures zones de pêche, le dernier mot dans les décisions.
Deux chefs s’opposaient plus que tous les autres : Ngomninga et Malobè. L’un régnait en amont, l’autre en aval. Leurs clans ne se parlaient plus. Les jeunes aiguisaient leurs lances.
C’est alors qu’une vieille femme – on ne connaît plus son nom, mais on n’a jamais oublié ses paroles – convoqua les deux chefs au bord du fleuve. Elle leur dit : « Le Wouri ne coule pas pour l’un ou pour l’autre. Il coule pour tous. Si vous vous battez, c’est le fleuve qui gagnera – il emportera vos villages, vos enfants et votre mémoire. »
Ngomninga et Malobè se regardèrent. Ils posèrent leurs armes. Et ils créèrent le Ngobi – le cordon ombilical sacré qui lie tous les chefs Sawa entre eux. Un pacte de solidarité : chaque décision serait prise ensemble, chaque année on se retrouverait au bord du Wouri pour renouveler ce lien.
Ainsi naquit le Ngondo – l’assemblée de tous les Sawa, qui se tient encore chaque année en décembre à Douala.
Le sens : La vraie force d’un peuple n’est pas dans ses chefs, mais dans leur capacité à s’unir.
Source : Tradition orale Sawa, fondement historique du Ngondo (assemblée traditionnelle des Sawa, créée en 1949, inscrite au patrimoine immatériel de l’UNESCO en 2023). Documentée dans MASO MA NDALA: Bible Orale des Sawa et par Elolongué Epanya Yondo (La place de la littérature orale en Afrique, 1976).
La migration de Mbedi – L’origine du peuple Sawa
📄 Texte ▶Comment Mbedi a Mbongo a conduit son peuple vers la côte et fondé la civilisation Sawa.
Tout commence dans les terres intérieures, loin de la mer. Le clan de Mbedi a Mbongo vivait dans les hauts plateaux, mais les conflits avec les peuples voisins et la sécheresse les poussèrent à chercher une nouvelle terre.
Mbedi écouta les anciens. Il écouta le vent. Et il décida : « Nous irons vers l’eau. »
La marche dura des semaines. Les enfants pleuraient. Les vieux tombaient. Certains voulaient faire demi-tour. Mbedi ne se retourna jamais. Il marchait devant, silencieux, et chaque soir il racontait à son peuple ce que serait leur nouvelle vie : un fleuve immense, du poisson en abondance, des terres fertiles le long de l’eau.
Le jour où ils arrivèrent au bord du Wouri, personne ne parla. Ils restèrent debout, regardant l’eau couler vers l’océan. Puis Mbedi dit simplement : « Nous sommes chez nous. »
De Mbedi naquirent les clans. Des clans naquirent les villages. Des villages naquit Douala. Et de Douala naquit tout un peuple – les Sawa, les « gens de la côte » – qui ne quittèrent plus jamais l’eau.
Le sens : Un peuple qui connaît son origine sait où il va.
Source : Mythe fondateur Sawa, transmis oralement lors des cérémonies du Ngondo. Mbedi a Mbongo est reconnu comme l’ancêtre commun de tous les peuples Sawa. Documenté par René Bureau (Le Peuple du fleuve, 1996) et Etienne Valéré Epée et al. (MASO MA NDALA: Bible Orale des Sawa).
Les Jengu – Les esprits des eaux
📄 Texte ▶La légende des Jengu, les esprits aquatiques du peuple Sawa : beaux, mystérieux et gardiens de l’équilibre.
Bien avant que Douala ne devienne une ville, bien avant les bateaux et les routes, le fleuve Wouri était gardé par des êtres que personne ne voyait mais que tout le monde respectait : les Jengu.
Les Jengu vivaient au fond de l’eau. On disait qu’ils avaient de longs cheveux, des dents écartées – signe de beauté – et une peau qui brillait sous l’eau comme la lune sur le fleuve.
Ils étaient les intermédiaires entre les vivants et les ancêtres. Quand un pêcheur respectait le fleuve, les Jengu remplissaient ses filets. Quand quelqu’un polluait l’eau ou pêchait avec avidité, les filets revenaient vides pendant des semaines.
Une fois par an, lors de la cérémonie du Ngondo, les anciens envoyaient un plongeur sacré au fond du Wouri. Il portait les prières du peuple et revenait avec la réponse des Jengu : une prediction pour l’année à venir, enfermée dans une calebasse scellée.
On raconte que ceux qui ont vu un Jengu ne l’oublient jamais. Et que parfois, la nuit, quand le fleuve est calme et que la lune est pleine, on peut encore entendre leur chant monter des profondeurs – un chant si beau qu’il donne envie de pleurer sans savoir pourquoi.
Le sens : Le monde visible n’est qu’une moitié de la réalité. L’autre moitié demande du respect et de l’écoute.
Source : Croyance et tradition orale Sawa, au cœur de la spiritualité côtière camerounaise. Les Jengu (ou Miengu) sont documentés par René Bureau (Ethno-sociologie religieuse des Duala, 1962), Edwin Ardener (recherches des années 1950) et reconnus par l’UNESCO comme patrimoine immatériel (Ngondo, inscrit en 2023).
Kulu et Beme – L’oncle et le neveu
📄 Texte ▶Kulu la Tortue et son neveu Beme le Cochon : une leçon sur la gourmandise et les conséquences.
Beme le Cochon était le neveu de Kulu la Tortue. Il adorait son oncle, mais il avait un défaut terrible : il était gourmand au-delà de toute raison.
Un jour, Kulu et Beme furent invités à un grand festin chez le chef du village. Des plats magnifiques étaient préparés : du poisson grillé, du plantain, des sauces aux arachides qui parfumaient l’air à des kilomètres.
Kulu murmura à l’oreille de son neveu : « Mange bien, mais pas trop. Chez le chef, celui qui finit le dernier est honoré, car il montre de la retenue. »
Beme promit. Mais dès que les plats arrivèrent, il oublia tout. Il mangea comme trois, comme cinq, comme dix. Il mangea tant que son ventre devint rond comme une calebasse. Les autres invités le regardèrent avec dégoût. Le chef fronca les sourcils.
Kulu, lui, mangeait lentement, savourant chaque bouchée, complimentant le cuisinier, posant des questions sur les épices. Quand Beme fut endormi sous la table, Kulu était encore en train de manger élégamment – et le chef, charmé, lui offrit des cadeaux pour le voyage du retour.
Sur le chemin, Beme se plaignit : « Ce n’est pas juste ! J’ai mangé plus que toi ! » Kulu sourit : « Justement, mon neveu. Justement. »
Le sens : Ce n’est pas celui qui prend le plus qui gagne, mais celui qui sait comment prendre.
Source : Cycle de Kulu la Tortue, tradition orale Douala. Les relations entre Kulu et son neveu Beme sont documentées dans plusieurs collections, notamment Isaac Moumé Etia, Les Fables de Douala, 1930.
Les Œufs interdits
📄 Texte ▶Un conte Douala sur la tentation, la désobéissance et le prix de la curiosité.
Une femme vivait seule avec ses enfants au bord du fleuve. La vie était dure, la nourriture rare. Un jour, en cherchant du bois, elle trouva un nid caché dans les hautes herbes, rempli d’œufs magnifiques – plus gros que des œufs de poule, avec une coquille qui brillait comme de l’or.
Une voix s’éleva du sol : « Tu peux prendre ces œufs. Ils nourriront ta famille pendant des lunes. Mais il y en a un – le plus gros, celui du milieu – que tu ne dois jamais toucher. »
La femme prit les œufs et rentra chez elle. Chaque matin, un œuf apparaissait dans le nid. Chaque soir, ses enfants mangeaient à leur faim. La vie devint douce.
Mais l’œuf du milieu la hantait. Il était si beau, si gros. Qu’y avait-il dedans ? Pourquoi celui-là et pas les autres ?
Un matin, elle ne résista plus. Elle toucha l’œuf interdit.
Le nid disparut. Les œufs disparurent. Et avec eux, l’abondance. La femme comprit que la générosité a des limites, et que respecter ces limites est le prix de la confiance.
Le sens : Quand la vie te donne plus que tu n’espérais, ne cherche pas à prendre encore davantage.
Source : Conte traditionnel Douala, répertorié dans The African Storyteller et transmis oralement dans la région côtière du Cameroun.
Jeki la Njambè – Le héros envoyé à la mort
📄 Texte ▶La grande épopée du peuple Sawa : un père envoie son fils à des missions impossibles. Le fils survit à toutes.
Njambè, le père tout-puissant, craignait son propre fils. Car il avait été prédit que Jeki le surpasserait en tout. Alors, au lieu de l’aimer, Njambè décida de l’éliminer – mais sans se salir les mains.
Il envoya Jeki en mission. « Va chercher le feu au fond de l’océan. » Jeki partit. Les esprits des eaux, les Jengu, le guidèrent. Il revint avec le feu.
Njambè envoya une deuxième mission, plus dangereuse. Puis une troisième. Puis une quatrième. Chaque fois, il espérait que son fils ne reviendrait pas. Chaque fois, Jeki revenait – plus fort, plus sage, plus respecté.
Car Jeki avait ce que son père n’avait pas : le courage d’avancer sans haïr celui qui l’avait envoyé. Il ne cherchait pas la vengeance. Il cherchait à prouver qu’un fils peut honorer son père même quand celui-ci ne le mérite pas.
À la fin, le peuple reconnut Jeki comme le véritable chef – non pas parce qu’il avait vaincu, mais parce qu’il avait survécu avec dignité.
Le sens : La vraie grandeur n’est pas dans la force, mais dans la persévérance face à l’injustice.
Source : Épopée orale Sawa, transmise dans toutes les communautés côtières du Cameroun. Étudiée par Elolongué Epanya Yondo (La littérature orale Douala, Abbia n°12-13, 1966) et Auguste Léopold Mbondé Mouangué (Pouvoirs et conflit dans Jèki la Njambé, L’Harmattan, 2005). Comparable aux grandes épopées africaines comme le Mvet (Fang) ou le Mwindo (Congo).
Kulu la Tortue et Zé la Panthère
📄 Texte ▶Le plus célèbre conte Douala : comment la petite Tortue triomphe de la puissante Panthère par la ruse.
Zé la Panthère était le maître incontesté de la forêt. Personne n’osait lui résister – personne, sauf Kulu la Tortue, petit, lent, mais d’une intelligence redoutable.
Un jour, Zé déclara qu’il organiserait une grande course. Le vainqueur recevrait le droit de commander tous les animaux pendant une saison entière. Zé était certain de gagner. Qui pouvait le battre ?
Kulu accepta le défi. Les animaux éclatèrent de rire. Mais Kulu avait un plan.
La veille de la course, Kulu rendit visite à ses nombreux cousins – car toutes les tortues se ressemblent. Il en plaça une à chaque étape du parcours, avec la même consigne : « Quand Zé arrive, montre-toi et crie : “Je suis là !” »
Le jour de la course, Zé bondit en avant à toute vitesse. Mais à chaque tournant, il trouvait Kulu déjà là, souriant tranquillement. Zé courut de plus en plus vite, de plus en plus désespérément, jusqu’à s’effondrer d’épuisement à quelques mètres de la ligne d’arrivée.
Kulu traversa la ligne en marchant, sous les acclamations de toute la forêt.
Le sens : La force brute ne vaut rien face à l’intelligence et la solidarité.
Source : Conte traditionnel Douala, transmis oralement dans tout le pays Sawa. Documenté dans de nombreuses collections, dont Isaac Moumé Etia, Les Fables de Douala, 1930, et Moise Ekwalla Ebellè, Contes et proverbes de la plaine côtière du Cameroun.
Le Caméléon et le Lézard
📄 Texte ▶Pourquoi le caméléon marche si lentement et change de couleur – un conte Douala des origines.
Il y a très longtemps, le Caméléon et le Lézard étaient les meilleurs amis du monde. Ils vivaient ensemble au bord du Wouri et partageaient tout : la nourriture, l’ombre des manguiers, et les histoires du soir.
Un jour, le Créateur envoya un message aux hommes. Il choisit le Caméléon : « Va dire aux hommes qu’ils vivront éternellement. » Le Caméléon, fièrement, se mit en route. Mais il marchait lentement, s’arrêtant pour admirer chaque fleur, chaque insecte, chaque goutte de rosée.
Le Créateur, impatient, envoya alors le Lézard avec un autre message : « Va dire aux hommes qu’ils mourront. » Le Lézard, rapide et agile, dépassa le Caméléon sans même le voir et arriva le premier au village.
Quand le Caméléon arriva enfin avec son beau message, il était trop tard. Les hommes avaient déjà accepté la mort.
Depuis ce jour, le Caméléon marche encore plus lentement, accablé par la honte. Et il change de couleur, car il essaie encore de se cacher de ceux qui lui reprochent son retard.
Le sens : La légèreté peut coûter cher – même quand on porte un beau message.
Source : Wilhelm Lederbogen, Kameruner Märchen, Berlin, 1901. Également enregistré en 1926 au Lautarchiv de l’Université Humboldt de Berlin (LA 625), raconté par Dipongo W. Inak (Davis) de Kribi.
Nekian – Initiationstanz
🎧 Audio ▶Initiationstanz (rite de passage) der Bamileke, aufgenommen 1965 in Kamerun.
Dieser Initiationstanz (rite of passage dance) begleitet den Übergang junger Menschen ins Erwachsenenalter. Aufgenommen 1965 bei den Bamileke in Kamerun. Die Initiation ist auch ein zentrales Thema in vielen Douala-Märchen, wie dem Jeki-Epos.
Quelle: Musiques du Cameroun, Ocora OCR 25, 1965
Ndanjé – Königlicher Tanz am Hof des Sultans
🎧 Audio ▶Zeremonieller Tanz am Hof des Sultans der Bamoun, aufgenommen 1965 in Douala.
Dieser königliche Tanz (royal dance at the court of the Sultan of the Bamun people) wurde 1965 bei einer Zeremonie in Kamerun aufgezeichnet. Die Bamoun-Kultur ist eng mit den Sawa-Völkern an der Küste verbunden.
Quelle: Musiques du Cameroun, Ocora OCR 25, 1965
Obama Ondoua Ebini – Lobgesang
🎧 Audio ▶Traditioneller Lobgesang des Beti-Volkes, aufgenommen 1965 in Kamerun.
Dieser Lobgesang (song of praise) wurde 1965 vom Musikethnologen Tolia Nikiprowetzky in Kamerun aufgenommen. Er stammt aus der Tradition der Beti und zeigt die kraftvolle vokale Tradition der kamerunischen Völker.
Quelle: Musiques du Cameroun, Ocora OCR 25, 1965